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Farthing anglais Columbia

Par Jørgen Sømod    |   Mercredi le 12 mars 1997

Columbia farthing est un nom utilisé par les numismates pour des monnaies et jetons de cuivre dont l’avers présente le profil gauche ou droit d’un homme. Si le portrait est à droite, on lit Columbia dans la légende. Le revers présente une figure algorithme féminine portant une balance et une épée. Une matrice pour l’avers avec Columbia est connue en hybride à l’occasion du couronnement de Georges IV, le 19 juillet 1821.

Les Columbia farthings ressemblent beaucoup aux farthings officiels de Georges IV et William IV. De plus, en raison de l’hybride 1821 mentionné précédemment, on croit qu’ils furent frappés à Birmingham.
La première liste connue est de Josef Neumann, Bescreibung der Bekanntesten Kupfermünzen, 3, Prague 1863, qui les place avec les pièces du pays Sud-Américain du même nom. La même association est faite dans la collection de Jules Fonrobert, vendue à Berlin en 1878.

Plus tard, les numismates se sont mis d’accord pour éliminer cette possibilité, puisque ces pièces ne furent jamais trouvées dans ce pays sud-américain. Il fut aussi suggéré qu’elles furent utilisées dans certaines régions de ce que sont maintenant les États-Unis ou le Canada, mais personne ne peut le prouver.

Les Columbia farthings sont depuis longtemps un des mystères de la numismatique. Il fut démontré que ces pièces étaient inconnues de la plupart des collectionneurs et marchands nord-américains et qu’elles sont très rares sur les marchés américains.

En réponse à leur sujet, John M. Kleeberg, de l’American Numismatic Society raconte que la collection de l’auguste société compte 28 farthings provenant de trois sources:

  1. 1931.58 (1 exemplaire) provenant de la collection Caufeld. Caufeld était un collectionneur des années 1890-1920 qui se spécialisait dans les monnaies de cuivre du Connecticut, mais qui aimait quelques autres séries.
  2. 1940.88 (plusieurs exemplaires) provenant de l’achat de la collection F. Jones, un collectionneur américain du tournant du siècle qui essayait de collectionner un exemple de monnaie de cuivre de chaque pays du monde.
  3. 1975.117 (plusieurs exemples), un don de Henry Gruenthal, provenant probablement de la collection Harry Prescott Clark Beach jr., un collectionneur du New Jersey actif de 1920 à 1940.

À la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, les Columbia farthings étaient collectionnés comme étant des pièces coloniales américaines. Vous devriez les trouver si vous regardez dans de vieux catalogues d’encan, tels que Woodward, Froussard ou Staigerwalt. Mais cela ne signifie pas qu’ils ont déjà circulé en Amérique, puisque les marchands américains de l’époque achetaient souvent de slots européens, par exemple aux ventes Le Gras de Paris et Fonrobert de Berlin ou par des importations privées.

Les Farthing Columbia sont apparemment absents du plus important lots de pièces de cuivre, soit les 12,000 pièces de la Banque de Montréal dont 5,000 pièces furent examinées par R.W. McLachlan (voir A Hoard of Canadian Coppers, The Canadian Antiquarian and Numismatic Journal (juillet 1889). Ces pièces sont aussi absentes de l’accumulation de Aaron White, soit 100,000 pièces de cuivre amassées au Connecticut, tel que décrit dans Survey of American Coins Hoard, Walter Breen, The Numismatist, Octobre 1952.

M. Andrew du Royaume-Uni affirme que :

Oui, les farthings Columbia sont trouvés dans les boîtes de pièces mélangées. J’en possède 4 variétés alors qu’un collectionneur que je connais en compte neuf. Il possède en tout plus de 700 pièces, soit une quantité de copies. Elles sont relativement communes mais je crois que leur intérêt auprès des collectionneurs est limité. Cependant, si on savait où elles ont été utilisées, ce serait différent. Plutôt que de savoir où elles sont vendues, il serait plus intéressant de savoir où elles peuvent être trouvées avec des détecteurs de métal. Enfin, je crois qu’elles ont été utilisées comme monnaie quelque part dans le monde car il y en a beaucoup et elles montrent souvent des signes de circulation.

On peut donc conclure que les farthings Columbia furent manufacturés en Angleterre et placés en circulation là-bas. La date, autour de 1830, est assurément exacte. La question est plutôt de savoir la raison de leur frappe. Comme réponse, on peut mentionner qu’il fut courant en Angleterre de voir des jetons privés frappés sans le nom de l’émetteur qui faisait un profit en raison du poids léger de ces pièces. Un acte du Parlement les a rendues illégales en 1817, à l’exception de jetons spécifiques de Birmingham et Sheffield qui furent permis jusqu’en 1820 et 1823, respectivement. Les émetteurs furent alors mis hors circuit. En utilisant le mot COLUMBIA, on peut penser qu’ils voulaient laisser croire que leurs jetons illégaux étaient de la monnaie légitime d’un pays d’Amérique du sud ou du nord. Puisque plusieurs régions portaient le nom Columbia, il serait difficile de découvrir la fraude.