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La virole, cette inconnue

Par castor    |   Jeudi le 4 décembre 2008

Virole
Représentation de la virole
Photo : Murray Mosher

Tout comme les coins d'avers (enclume) et de revers (marteau), la virole est le troisième coin de ce groupe qui forme un tout. C'est un coin dont on ne parle pas souvent, mais qui joue un rôle très important lors de la frappe, car il permet d'obtenir une pièce de bon diamètre et de belle qualité.

C'est certain que l'on remarque beaucoup plus ce que l'on voit sur l'avers et le revers d'une pièce, car c'est ce qui saute aux yeux le plus rapidement. Cependant, si une pièce a un beau contour lisse ou avec des cannelures, c'est grâce au travail de cette virole.

Son rôle est de contenir le débordement du métal lors de la frappe : le métal prenant alors de l'expansion vers l'extérieur, c'est la virole qui lui sert de mur d'arrêt à ce moment-là.

Chaque virole est fabriquée selon le diamètre extérieur de la pièce qu'elle retient, une fois la frappe terminée. Il y a autant de diamètres de viroles qu'il y a de diamètres de pièces différentes.

Cette virole est retenue en suspension à la surface de la table de presse et le dessous de cette virole se trouve à égalité avec le coin du bas, soit celui de l'avers (enclume).

Après la frappe, le coin inférieur se soulève à l'égalité de la virole et la pièce est éjectée par le bout du doigt d'alimentation. Celui-ci apportant dans un même mouvement un autre flan qui tombe dans la chambre de presse par gravité, y étant ceinturé par la virole.

Virole - Dessin figuré en coupe
Dessin figuré en coupe
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La virole reçoit la pression de façon horizontale et c'est là sa force, même si elle est mince.

De façon verticale, elle ne reçoit aucune pression due à la frappe de façon directe, mais un peu de façon indirecte.

Lorsque le métal l'atteint, le contact et le grippement de celui-ci est tellement fort qu'elle est prisonnière et ne peut plus bouger. Le métal, avec cette énorme pression, se comporte un peu comme de la pâte à modeler et veut remplir tout ce qu'il y a d'espace libre dans cette petite chambre de frappe.

Le rôle de la suspension

Lorsqu'un flan ne tombe pas complètement dans la chambre et qu'une partie reste sur le rebord de la virole, il n'y aura pas de dommages à l'équipement. Cette pièce sera frappée partiellement, restera plane, souvent avec quelques petites marques.

Elle ne sera pas repliée, ce qui serait l'inverse avec une virole fixe. C'est ce à quoi sert la suspension. La virole va suivre le mouvement de la frappe vers le bas et reprendre sa position initiale.

Écritures ou motifs sur la virole

Virole - Dessin figuré
Dessin figuré

Certaines pièces américaines ont de l'écriture sur la tranche. Ces écritures sont gravées dans la virole et sont moulées sur la pièce lors de la frappe.

Pour ces pièces, la virole est fabriquée en trois morceaux. Celle-ci joue le même rôle qu'expliqué précédemment. À la différence que les inscriptions qui sont convexes sur la virole, deviennent concaves sur la pièce, après la frappe.

Comme le coin du bas (enclume) ne pourra pas éjecter la pièce vers le haut, celle-ci étant prisonnière de la virole, cette dernière se rétracte en trois parties, à chaque frappe, pour permettre l'éjection de la pièce.

Lorsqu'il s'agit de cannelures, ce problème ne se pose pas : celles-ci étant verticales sur la pièce, elle sort aussi de cette façon.

La virole est d'une seule pièce dans ce cas-ci.

Virole - Cannelures
Cannelures produites par la virole

Pour les pièces dont le contour est rond, la virole l'est aussi. Pour celles dont le contour a des plats (ex: 1 cent 1982/1996 - 5 cents 1942/1962), la virole est fabriquée de la même façon soit avec des plats. Lors de la frappe, le métal va se mouler dans les plats de la virole.

La virole espère que vous la connaissez un peu mieux maintenant.