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10. Coins entrechoqués

Exemple(s)

1 cent 1963
1 cent 1963

5 cents 1950
5 cents 1950

1 dollar 1950
1 dollar 1950

Traduction anglophone

Die clash

Description

Marques laissées sur les coins par leurs entrechoques. L'entrechoque des coins survient lorsque la presse est active et qu'il n'y a pas de flans entre ceux-ci. Après l'entrechoque, toutes les pièces frappées avec ce coin présenteront ces marques.

Les marques correspondent au contour du motif et/ou de la légende de l'autre coté de la pièce. Dû au fait que les coins ne sont pas toujours remplacés en même temps, on ne retrouve pas obligatoirement des marques sur les deux cotés de la pièce.

Explications

Souvent présent mais assez nébuleux, le coin entrechoqué se retrouve dans notre monnaie canadienne, mais aussi celle étrangère. Nous avons qu'à penser aux différents 1 cent des années 1953 à 1964 pour leurs chiffres suspendus (hanging), aux différentes marques visibles sur le contour du castor et de son île. Que dire des dollars avec la marque triangulaire dans le dos de l'indien (arrowhead)? Bref, ces quelques exemples ne peuvent que confirmer la présence de ces coins entrechoqués dans notre monnaie canadienne. Qu'elle en est la cause réelle de ces traces sur les pièces? Comment comprendre réellement ce qui se cache derrière ces marques. Allons voir de plus près.

Pour débuter, il est bien important de comprendre le fonctionnement de la production d'une pièce de monnaie. Premièrement, il y a la préparation du flanc (laminage des feuilles, découpe des flancs, etc.). Une fois ce dernier prêt pour la frappe, c'est ainsi que se prépare le terrain pour l'apparition possible du coin entrechoqué. Lors de la frappe, la presse (où se trouve les coins) est alimentée de façon à frapper rapidement les flancs. Il peut arriver à l'occasion, pour différentes raisons, que le flanc n'est pas acheminé directement dans la chambre pour la frappe. Il en résulte que la machine procède à la frappe, mais avec une chambre dépourvue de flanc. Lors de cette frappe à vide, les 2 surfaces des coins entrent en contact l'une avec l'autre puisque le flanc qui devait recevoir les motifs de la pièce est absent. Lors de ce contact, qui est quand même d'une pression non négligeable, il y a échange des motifs les plus hauts d'un coin à l'autre. Lorsqu'on parle de motifs les plus hauts, il s'agit en fait des contours puisque le coin a une surface concave et que les plus petits détails de la pièce tels que les yeux, sourcils et autres sont dans la partie creuse du coin et ne font pas partie des surfaces en jeu lors de la collision entre les 2 coins.

Voici un schéma expliquant le principe de cette frappe à vide. Les schémas ci-après n'ont rien en commun avec les équipements pour la frappe, mais sont présentés plutôt dans l'optique d'expliquer le principe du coin entrechoqué.

Die clash

Comme mentionné ci-haut, les motifs sur le coin sont de type concave et lors des collisions, les zones propices qui peuvent laisser des traces y sont illustrer de façon générale (dessin avec flèches).

Si l'on prend l’exemple des fameuses cents des années mi-1950 à 1964 (photo ci-bas) qui ont les chiffres suspendus, le crochet qui paraît au-dessus des chiffres se trouve en fait être l’angle formé par le cou de la reine qui a été transféré lors de la collision des 2 coins lors d’une frappe à vide. Vous aurez remarqué que l’angle de la courbure du crochet situé au-dessus de la date ne correspond pas avec celui de la reine. Celui au dessus de la date se dirige vers la gauche alors que celui de la reine se dirige vers la droite. En fait, nous devons tenir compte que lors de la frappe, les coins se trouvent un au-dessus de l’autre.

1 cent 1961

Voyons un peu plus en détails cet aspect. Voici deux images juxtaposés (avers en dessous et revers en dessus) pour mieux comprendre ce qui suit.

1 cent 1962

Remarquez que l’angle formé par le cou de la reine correspond bien à celui que l’on retrouve au-dessus de la date. Autrement dit, lorsque nous voulons tenter de trouver l’origine d’une marque laissée par une collision de coin, nous ne devons pas faire une rotation de 180 degrés de gauche à droite de la pièce, car nous serons inversés dans l’orientation des coins. Il suffit en fait de tenir la pièce de façon stationnaire et d’alterner notre observation d’un côté et de l’autre tout en tenant celle-ci immobile.

Bref, le sujet des coins entrechoqués en est un qui touche plusieurs champs. On ne peut passer sous silence les doubles coins entrechoqués ou les marques de collisions sont doubles. On peut y ajouter les coins pivotés. Comme on le voit, le sujet est assez large et vaste à couvrir. L’intention ici étant d’éclairer le sujet et de comprendre l’origine de ces coins entrechoqués. Avec l’avancement technologique, les nouvelles presses de nos jours sont munies de dispositifs qui tendent à réduire les frappes à vide. Bien que moins présentes de nos jours, il est fort à parier que la recherche de coins entrechoqués pour les années antérieures est fort prometteuse.

Pour en savoir plus :

Branche / Brindille

Branche

Une marque sur chaque côté,

ou

Plus d'une marque sur un des côtés (incluant les doubles et triples C.E.)

ou

Marque (s) supérieure (s) à 25% du diamètre.

Brindille

Une seule marque sur un des côtés, inférieure à 25% du diamètre.